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Saturn, la marque automobile de General Motors

Mis à jour le · 5 min de lecture

Saturn est une marque automobile américaine créée par General Motors en janvier 1985 pour concurrencer les petites voitures japonaises. Ses premières voitures, produites dans une usine dédiée à Spring Hill (Tennessee), sont vendues en octobre 1990 (millésime 1991). Après la faillite de GM en 2009 et l'échec de sa vente au groupe Penske, la marque a fermé en octobre 2010. Pour beaucoup d'Américains, une voiture Saturn évoque des panneaux de carrosserie en plastique, des prix non négociables et une clientèle d'une fidélité inhabituelle.

Sommaire
  1. Un projet pour répondre au Japon
  2. Une « autre sorte d'entreprise »
  3. La S-Series et les panneaux en polymère
  4. Diversification et dilution (1999–2007)
  5. Le renouveau européen (2007–2009)
  6. La fin de Saturn
  7. Ce qu'il reste de Saturn
  8. Questions fréquentes
  9. Sources

Un projet pour répondre au Japon

Au début des années 1980, Toyota, Honda et Nissan grignotent le marché américain des petites voitures, et GM peine à y être rentable. Dès 1982-1983, la direction lance un projet de petite voiture conçue « à partir d'une feuille blanche ». Il devient en 1985 une filiale autonome, Saturn Corporation, annoncée par le président de GM Roger Smith. Le nom renvoie au lanceur Saturn V du programme Apollo : de même que la fusée avait permis aux États-Unis de dépasser l'Union soviétique dans la course à la Lune, la nouvelle voiture devait rattraper les constructeurs japonais.

Une « autre sorte d'entreprise »

L'originalité de Saturn tient autant à son organisation qu'à ses voitures.

  • Une usine neuve à Spring Hill, au Tennessee, loin des usines historiques du Michigan.
  • Un accord social spécifique avec le syndicat UAW, qui associait les ouvriers aux décisions et liait une partie de leur rémunération aux résultats.
  • Des prix fixes affichés en concession, sans marchandage : une rupture dans la culture commerciale américaine.
  • Un réseau de distribution propre, avec des concessionnaires exclusifs disposant de grandes zones géographiques, pour éviter qu'ils ne se fassent concurrence.

La marque soigne aussi sa relation avec les clients. En 1994, elle organise à Spring Hill une « Homecoming », un rassemblement de propriétaires venus de tout le pays visiter l'usine : plusieurs dizaines de milliers de personnes font le déplacement.

La S-Series et les panneaux en polymère

Le premier modèle, la S-Series, est une compacte déclinée en berline (SL), coupé (SC) puis break (SW, à partir du millésime 1993). Sa caractéristique la plus connue : des portes et des ailes en polymère fixées sur une structure en acier (spaceframe). Ces panneaux résistent aux petits chocs de parking et ne rouillent pas, argument que la marque exploite dans ses publicités. Les moteurs sont des quatre-cylindres de 1,9 litre conçus pour Saturn, en version simple et double arbre à cames. La S-Series reste au catalogue jusqu'en 2002.

Diversification et dilution (1999–2007)

Pendant les années 1990, Saturn ne propose pratiquement que la S-Series, ce qui limite sa croissance. GM élargit ensuite la gamme, mais en puisant de plus en plus dans les plateformes du groupe :

  • la L-Series (millésimes 2000–2005), familiale dérivée de l'Opel Vectra, assemblée à Wilmington (Delaware) ;
  • le Saturn Vue (2002–2010), premier SUV de la marque ;
  • l'Ion (2003–2007), remplaçante de la S-Series ;
  • le monospace Relay (2005–2007).

Ces modèles perdent peu à peu les traits distinctifs de la marque (les panneaux en polymère disparaissent progressivement), et l'usine de Spring Hill est intégrée au système de production standard de GM. Le détail de chaque modèle est présenté dans notre page sur les modèles Saturn.

Le renouveau européen (2007–2009)

À partir de 2006, GM repositionne Saturn comme sa marque « à l'européenne », largement fondée sur des modèles Opel. Arrivent alors la berline Aura, le crossover Outlook, le roadster Saturn Sky, un nouveau Vue dérivé de l'Opel Antara et, en 2008, l'Astra importée d'Europe. La gamme n'a jamais été aussi complète et cohérente, mais le calendrier est désastreux : la crise financière de 2008 frappe de plein fouet le marché automobile américain.

La fin de Saturn

En 2009, General Motors se place sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites et annonce qu'il se sépare de plusieurs marques, dont Saturn, Pontiac et Hummer. Un accord est trouvé en juin 2009 pour vendre Saturn à Penske Automotive Group, le groupe de Roger Penske. Penske devait trouver un constructeur pour fournir des voitures après la fin des contrats avec GM ; faute d'accord avec un fabricant, il renonce le 30 septembre 2009. GM annonce alors la fermeture de la marque, effective en octobre 2010.

Ce qu'il reste de Saturn

L'usine de Spring Hill a survécu : elle a ensuite produit d'autres véhicules GM, et le site est aujourd'hui l'une des usines du groupe consacrées aux véhicules électriques. Les Saturn encore en circulation sont entretenues par le réseau GM et par un marché actif de pièces d'occasion, en particulier pour les S-Series, appréciées pour leur robustesse et leur carrosserie qui ne rouille pas. L'expérience Saturn reste étudiée en école de commerce comme un exemple de marque fondée sur l'expérience client, et de ce qui arrive quand une maison mère cesse d'investir dans ce qui la rendait différente.

Le nom rejoint une longue liste d'objets baptisés d'après la planète Saturne, de la Sega Saturn aux Saturn Awards. Retrouvez-les tous dans notre rubrique culture.

Questions fréquentes

Qui fabriquait les voitures Saturn ?

General Motors, via sa filiale Saturn Corporation. Les premiers modèles étaient produits à Spring Hill (Tennessee) ; les derniers venaient d'usines GM aux États-Unis, au Mexique et d'Opel en Europe.

Pourquoi la marque Saturn a-t-elle disparu ?

GM a décidé de s'en séparer lors de sa faillite en 2009. La vente à Penske Automotive Group a échoué en septembre 2009, faute de constructeur prêt à fournir des véhicules, et la marque a fermé en 2010.

Les Saturn avaient-elles vraiment une carrosserie en plastique ?

En partie : les S-Series et le premier Vue, notamment, avaient des panneaux (portes, ailes) en polymère montés sur une structure en acier. Le toit et le capot restaient généralement en acier.

Peut-on encore faire entretenir une Saturn ?

Oui. Les concessionnaires GM assurent l'entretien et de nombreuses pièces sont partagées avec des modèles Chevrolet, Pontiac ou Opel.

Sources

  • GM Heritage Center, archives de la marque Saturn
  • Joe Sherman, In the Rings of Saturn, Oxford University Press, 1994
  • General Motors, communiqué sur la fin de l'accord avec Penske Automotive Group, 30 septembre 2009
  • Saturn Corporation sur Wikipédia

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