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Sega Saturn, la console 32 bits de Sega

Mis à jour le · 5 min de lecture

La Sega Saturn est la console de salon 32 bits de Sega, sortie au Japon le 22 novembre 1994, en Amérique du Nord le 11 mai 1995 et en Europe le 8 juillet 1995. Elle s'est vendue à environ 9,26 millions d'exemplaires dans le monde, dont une large majorité au Japon, et a été arrêtée en 1998 en Occident, puis en 2000 au Japon, au profit de la Dreamcast. Commercialement battue par la PlayStation, elle reste une machine culte grâce à ses jeux d'arcade, ses shoot'em up et ses exclusivités japonaises.

Sommaire
  1. Une console née pour l'arcade
  2. Architecture : puissante et difficile
  3. Le lancement américain de 1995
  4. Le succès japonais
  5. Modèles et accessoires
  6. Héritage
  7. Questions fréquentes
  8. Sources

Une console née pour l'arcade

Au début des années 1990, Sega domine l'arcade grâce à ses studios internes, en particulier AM2 de Yū Suzuki, dont Virtua Racing (1992) et Virtua Fighter (1993) popularisent les polygones en 3D. La Saturn est conçue pour succéder à la Mega Drive et pour ramener ces expériences à la maison. Sa conception est contemporaine de la carte d'arcade ST-V (Sega Titan Video), qui reprend la même architecture et facilite les adaptations.

L'arrivée de la PlayStation de Sony, annoncée pour la même période, change la donne. Selon un récit souvent rapporté, Sega aurait renforcé tardivement les capacités 3D de la Saturn — notamment en ajoutant un second processeur central — pour ne pas être distancée. Le résultat est une machine puissante mais complexe.

Architecture : puissante et difficile

La Saturn repose sur deux processeurs Hitachi SH-2 cadencés à 28,6 MHz, qui doivent se partager le travail et l'accès à la mémoire. Deux processeurs vidéo se répartissent l'affichage : le VDP1 gère les sprites et les polygones, le VDP2 les plans de décor, avec des effets de rotation et de déformation très utilisés pour les sols en pseudo-3D. Le son est confié à un processeur Motorola 68EC000 associé à une puce Yamaha (SCSP) capable de gérer 32 canaux.

Particularité notable : le VDP1 dessine des quadrilatères plutôt que des triangles, la primitive standard de la 3D. Les développeurs habitués aux triangles devaient adapter leurs modèles, et la transparence en 3D était limitée, d'où l'usage fréquent d'un tramage en damier pour simuler des effets translucides. Tirer parti des deux SH-2 exigeait une programmation fine, souvent en assembleur. Les studios internes de Sega et quelques équipes japonaises s'en sont rendus maîtres ; beaucoup d'éditeurs tiers occidentaux ont préféré la PlayStation, plus simple.

Le port cartouche servait à la sauvegarde, puis à des extensions de mémoire vive de 1 Mo et de 4 Mo, indispensables à certains jeux de combat de Capcom et SNK sortis au Japon. C'est l'une des raisons pour lesquelles la Saturn est restée la référence des jeux de combat 2D de l'époque.

Le lancement américain de 1995

Le 11 mai 1995, à l'occasion du premier salon E3 à Los Angeles, Sega of America annonce que la Saturn est disponible immédiatement chez quelques enseignes, au prix de 399 dollars, alors que la sortie était prévue pour septembre. Le coup de théâtre se retourne contre Sega : les enseignes écartées sont furieuses, les jeux disponibles sont rares, et lors de la même édition de l'E3, Sony annonce la PlayStation à 299 dollars. Ce lancement est resté un cas d'école de stratégie ratée.

En Europe, la console sort le 8 juillet 1995, également face à une PlayStation lancée en septembre. Dans les deux régions, la Saturn reste nettement derrière Sony, et Sega multiplie les signaux de désengagement à partir de 1997, au moment où la Nintendo 64 arrive à son tour.

Le succès japonais

Au Japon, la situation est très différente. Portée par Virtua Fighter, disponible dès le lancement, la Saturn fait jeu égal avec la PlayStation pendant ses premières années. Les jeux de combat, les shoot'em up, les visual novels et des séries comme Sakura Taisen trouvent un public fidèle. La campagne publicitaire mettant en scène Segata Sanshirō, judoka fictif interprété par l'acteur Hiroshi Fujioka, est devenue culte. La production japonaise de jeux se poursuit jusqu'en 2000, et une bonne partie de la ludothèque n'est jamais sortie hors du Japon, ce qui explique le marché de l'import et des traductions amateurs encore actif aujourd'hui.

Modèles et accessoires

  • Modèles : grise au lancement japonais, noire en Amérique du Nord et en Europe, puis blanche au Japon à partir de 1996 ; des variantes sous licence ont été commercialisées par Hitachi (HiSaturn) et JVC (V-Saturn).
  • Manette 3D (3D Control Pad) : manette à stick analogique livrée avec Nights into Dreams en 1996.
  • Virtua Gun / Stunner : pistolet optique pour Virtua Cop.
  • Multitap : jusqu'à dix joueurs sur Saturn Bomberman.
  • NetLink : modem permettant de jouer en ligne à quelques titres aux États-Unis.

Héritage

La Saturn a coûté cher à Sega : perte de parts de marché en Occident, crédibilité entamée auprès des distributeurs et des éditeurs. Elle a pourtant laissé une ludothèque recherchée par les collectionneurs, dont certains titres, comme Panzer Dragoon Saga ou Radiant Silvergun, atteignent des prix élevés d'occasion. Son échec a directement influencé la conception de la Dreamcast (1998 au Japon), pensée pour être plus simple à programmer. Pour découvrir les titres marquants, voir notre sélection des meilleurs jeux Sega Saturn.

La console a aussi porté le nom de la sixième planète dans les foyers de millions de joueurs, à la manière dont la marque Saturn de General Motors l'a fait sur les routes américaines. Pour la planète elle-même, voir la planète Saturne et ses anneaux.

Questions fréquentes

Combien de Sega Saturn ont été vendues ?

Environ 9,26 millions d'exemplaires dans le monde, dont la majorité au Japon. La PlayStation de la même génération a dépassé les 100 millions.

Pourquoi la Saturn a-t-elle échoué face à la PlayStation ?

Plusieurs causes se combinent : prix de lancement plus élevé (399 contre 299 dollars aux États-Unis), sortie précipitée qui a fâché les revendeurs, architecture à deux processeurs difficile à exploiter, et soutien plus faible des éditeurs tiers occidentaux.

La Sega Saturn peut-elle lire les jeux japonais ?

Pas directement : les consoles sont verrouillées par région. Les joueurs utilisent des cartouches adaptatrices ou des modifications, une pratique courante vu le nombre d'exclusivités japonaises.

Quand la Sega Saturn a-t-elle été arrêtée ?

Sega l'a abandonnée en 1998 en Amérique du Nord et en Europe. Au Japon, les derniers jeux sont sortis en 2000, après le lancement de la Dreamcast.

Sources

  • Steven L. Kent, The Ultimate History of Video Games, Three Rivers Press, 2001
  • Ken Horowitz, The Sega Arcade Revolution, McFarland, 2018
  • Hitachi, documentation technique de la famille SH-2 (SuperH)
  • Sega Saturn sur Wikipédia)

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